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Cette fois, je n'ai pas été attirée en premier lieu par l'esthétisme du livre mais plutôt par son titre, que j'ai trouvé terriblement poétique. L'accroche de la romancière, Tatiana de Rosnay, en couverture qui annonce, je cite: "Un premier roman époustouflant, absolument impossible à lâcher" a également parfaitement joué son rôle en ce qui me concerne, et je me suis donc aussitôt penchée sur le résumé, lequel a alors fini de me convaincre. Vous voulez savoir si le roman m'a plu ? Je vous répondrais que j'ai lu les six cents pages en trois jours...

 

Cependant, et avant de revenir sur l'histoire en elle-même, j'aimerais souligner un point précis: le travail épatant de la traductrice qui du titre original anglais "Lilac Girls" nous livre ici un titre français, comme je le disais précédemment, non seulement poétique mais illustrant de plus à la perfection ce roman. Et bien entendu, superbe traduction également de l'ensemble de l'oeuvre!

 

Ce roman nous narre trois destins croisés de femmes, en Europe et aux Etats-Unis, de 1939 à 1959: Caroline Ferriday qui travaille au Consulat français de New York, Kasia Kuzmerick, une toute jeune résistante polonaise et enfin, Herta Oberheuser, un médecin allemand totalement voué à la cause nazie. Ces personnalités fortes et si différentes vont connaître les temps troublés et les horreurs de la Seconde guerre mondiale. D'ailleurs, je tiens à préciser que les âmes sensibles seront peut-être aussi ébranlées que j'ai pu l'être, lors des chapitres consacrés à la vie dans les camps de concentration (et je n'en suis pourtant pas à ma première lecture du genre...). Et ébranlée, je l'ai aussi été en apprenant que cette histoire a été inspirée de faits et de personnages réels, telle la formidable Caroline Ferriday, qui n'a eu de cesse de venir en aide aux victimes de la guerre.

 

Face à l'ignominie de certains, on trouve ainsi dans ce roman de magnifiques âmes, des êtres purs qui redonnent foi en l'humain. C'est pour ça que l'on ne peut lâcher ce livre une fois qu'on l'a commencé: malgré certains passages difficiles, on est subjugué par l'espoir porté par ces lignes. On sait que malheureusement, nombreuses ont été les Kasia Kuzmerick, alors apprendre que de "vraies" Caroline Ferriday ont réellement existé, remet un peu les choses à leur place... (dans nos petites têtes de lecteurs bouleversés, j'entends!). 

 

Je terminerais simplement en ajoutant (mais sans vouloir en dire trop...) que ce livre met aussi l'accent sur la triste réalité de la "question médicale" dans les camps de la mort: bravo à Martha Hall Kelly d'avoir fourni un travail si consciencieux et si documenté! Pour un premier roman, l'auteure a réalisé là un coup de maître: ce livre est devenu dès sa parution un best-seller du New York Times, nul doute qu'il connaîtra le même sort en Europe, car vous l'avez compris je pense, voilà bien un livre qui marque les esprits!

Ed. Charleston, 2018

Ed. France Loisirs, 2018