15 avril 2019

"La Mémoire sous les vagues" de Laurence Couquiaud

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Le livre dont j'ai choisi de vous parler aujourd'hui est, je vous le dis tout de suite, un gros coup de coeur! C'est le premier roman d'une auteure française, Laurence Couquiaud, qui a vécu plusieurs années au Japon et si on ne le savait pas, on pourrait l'imaginer écrit par un auteur japonais, tant le style est empreint de celui propre à la littérature nipponne.

 

"La Mémoire sous les vagues" nous emmène tout d'abord dans un Japon contemporain, et plus précisément pendant le tremblement de terre de mars 2011 et du terrible tsunami de la région de Fukushima, à travers le regard de Yukiko, une photographe franco-japonaise habitant Tokyo qui se lance à la recherche de sa grand-mère, qui vit seule dans la région sinistrée et dont elle est sans nouvelles. Cette oeuvre bien que fictive nous permet de saisir réellement l'ampleur de la tragédie vécue alors au Japon et pas vraiment révélée à l'époque dans toute son horreur, par les autorités japonaises. La quête de son aïeule permettra à Yukiko de plonger dans son histoire familiale, sur les traces de O Kanekichi (de son véritable nom "Osawa Kane", dont la vie a ici été plus "romancée" de l'aveu même de l'auteure, qui a donc préféré modifier son nom), célèbre geisha de la fin du XIX° siècle, qui vivait à Yokohama, parmi les cercles d'Occidentaux.

 

Ce roman qui nous transporte alternativement d'un Japon à l'autre, soit d'une époque à l'autre, nous offre un superbe voyage dans le temps et dans les traditions. On revit ainsi les débuts de l'ère Meiji (et donc la fin de l'isolement du pays), l'arrivée d'une certaine forme de modernisme, le changement des mentalités... Grâce à la double culture de Yukiko, on prend conscience de certains paradoxes stupéfiants au Japon, où bienséance et urgence des situations se côtoient, parfois incongrûment, tout en recevant néanmoins le message plein de sagesse que laissent percevoir l'histoire et la destinée des personnages. Au milieu des drames et du chaos, la prose raffinée et très poétique de l'auteure confère au roman un style bien particulier, sublime de fraîcheur et de zénitude malgré le contexte. A la dernière ligne de l'ouvrage, on voudrait continuer à lire la beauté de la nature et la douceur de la vie, même si  cette dernière se montre parfois cruelle. C'est un livre comparable à nul autre, une pépite, qui vous offrira de surcroît une très belle évasion livresque et dépaysante au Pays du Soleil Levant, aussi je ne peux que vous souhaiter un très bon et très beau voyage!

 

"La Mémoire sous les vagues" a reçu le Prix Femme Actuelle 2016.

 

Ed. Pocket, 2018

Ed. Les Nouveaux Auteurs, 2016


08 avril 2019

"Le Jardin de l'oubli" de Clarisse Sabard

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L'auteure, Clarisse Sabard, nous fait découvrir ici Faustine, une jeune journaliste qui séjourne chez sa tante dans l'arrière-pays niçois pour écrire un article sur la Belle Epoque, et qui se retrouve alors étrangement plongée dans sa propre histoire familiale.

 

Victime d'une longue dépression due à une rupture amoureuse difficile, la jeune femme qui a délaissé sa carrière initiale de professeure d'histoire/géographie et pris un nouveau départ grâce à cette reconversion professionnelle, va vivre auprès des membres de sa famille avec lesquels  elle renoue, des instants à la fois complices mais aussi chargés d'émotion. En enquêtant sur la vie de la Belle Otéro, célèbre danseuse du début du XX° siècle qui a longuément vécu dans la région, Faustine marchera sur les traces de son aïeule, Agathe d'Aumart, petite repasseuse pétrie d'ambition et devenue l'une des meilleures amies de l'artiste de music hall. Peu à peu, des secrets de famille soigneusement enfouis seront dévoilés et en dénouant l'écheveau de cette étrange amitié, Faustine résoudra ainsi des mystères non élucidés depuis près d'un siècle, tout en cheminant elle-même vers une certaine paix intérieure. 

 

Un décor de carte postale et une époque riche en évènements historiques majeurs plantent le cadre de cette histoire familiale, qui m'est apparue au départ quelque peu complexe. Toutefois je dois l'avouer, je me suis immédiatement attachée aux personnages, ainsi qu'au style simple et très fluide de l'auteure et donc très vite, je me suis laissée happer par ce livre navigant entre deux époques, et c'est bien là pour moi l'essentiel! Je ne peux par conséquent que vous conseiller ce roman, à savourer accompagné d'une bonne tasse de thé et de petits gâteaux, à l'image de l'atmosphère douillette et intimiste qu'il dégage.

 

Ed. Poche Charleston, 2019

Ed. France Loisirs, 2018

Ed. Charleston, 2018

21 mars 2019

"En voiture, Simone!", Aurélie Valognes

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Qui n'a pas déjà été tenté, en passant dans les rayons des librairies, par les éditions Poche des romans d'Aurélie Valognes, petits livres aux couvertures imitation tissu Vichy et aux titres amusants, tels "Mémé dans les orties" ou bien celui dont il est question aujourd'hui: "En voiture, Simone!" ?... Eh bien moi j'ai craqué et je peux vous dire que j'ai bien rigolé!

 

Les aventures de la famille Le Guennec s'articulent autour des parents à l'aube de leur retraite, dans leur grande maison familiale en Bretagne et entièrement conçue des mains de Jacques, le patriarche, et de leurs grands enfants mariés, ainsi que de leurs petits-enfants. Comme dans beaucoup de familles, tout ce petit monde se retrouve régulièrement aux périodes traditionnelles de l'année (Noël, vacances scolaires, etc...) et doit faire en sorte, pendant quelques jours, de concilier ses différences, taire ses rancoeurs et suceptibilités, bref un exercice de haute voltige, surtout quand on doit compter avec des belles-filles aux goûts aussi éclectiques et un beau-père aussi gaffeur et sans-gêne! Et quand à tout cela, vous rajoutez une bru enceinte et complètement sous l'emprise de ses hormones et une grand-mère au karma bien enraciné, imaginez un peu le tableau lors des grandes réunions familiales...

 

Ce roman est une véritable comédie! D'ailleurs, on imagine facilement qu'il puisse être un jour adapté sur grand écran car rien qu'en le lisant, on visualise déjà parfaitement les scènes et les personnages. Et on se bidonne! Pardon pour l'expression mais c'est tout à fait ça: une belle tranche de rigolade, pleine de fraîcheur et qui fait du bien! Le patriarche, Jacques, n'est pas sans me rappeler le "Jacques" télévisuel de la célèbre série "Une famille formidable": mi-cabot, mi-tête en l'air et qui mène son petit monde au gré de sa fantaisie. En tout cas, ce livre offre un bon moment récréatif que je ne peux que vous recommander de lire tranquillement chez vous, si vous ne voulez pas vous donner en spectacle en riant à gorge déployée dans les transports ou autres lieux publics...

 

Ed. Le Livre de Poche, 2017

Ed. Michel Lafon, 2016

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08 février 2019

"Le Prince à la petite tasse", Emilie de Turckheim

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C'est un livre que j'ai découvert grâce à Bookstagram: une blogueuse a su me donner vraiment envie de le lire et je me suis aussitôt précipitée chez mon libraire. Du coup, grosse pression pour moi maintenant car vais-je réussir à en faire de même pour vous?... Je l'espère!

 

Il ne s'agit pas ici d'un roman mais plutôt d'un récit sous forme de journal, écrit par Emilie de Turckeim (pourtant romancière) et qui relate un pan de sa vie de famille. En effet, l'auteure, son mari et ses enfants ont décidé d'accueillir chez eux, dans leur appartement parisien et pendant un an, un jeune réfugié afghan qui vient d'obtenir ses papiers. Ce dernier dispose d'un emploi mais n'a pas encore suffisamment de revenus pour pouvoir déposer une caution pour une location de logement et il n'a personne non plus qui puisse se porter garant pour lui. Une association d'aide aux migrants met donc en relation des familles désireuses de tendre la main à ces jeunes et des réfugiés nécessitant en quelque sorte d'une "famille d'adoption provisoire". C'est ainsi que Reza, qui a fuit seul son pays en guerre à l'âge de douze ans et qui est aujourd'hui âgé d'une vingtaine d'années, arrive chez eux un jour d'hiver...

 

Cette expérience familiale (et là, je me dis "qu'expérience" est assurément un bien vilain mot pour désigner une si jolie aventure humaine...) nous est livrée sans fard, telle qu'elle a réellement été vécue et on se rend vite compte à quel point la présence de Reza a été une chance pour chacun d'entre eux. En tout cas, c'est vraiment ce qu'il me restera de ce récit: l'histoire d'un échange mutuel réalisé avec beaucoup de respect et de délicatesse par les deux parties, un véritable enrichissement culturel pour tous, petits et grands et enfin, beaucoup d'humanité! Comme on se sent minuscule face au destin de Reza! Comme on se sent minuscule face à l'exemple donné par cette famille! Et comme on se sent étriqué dans notre petite vie douillette et bien ordonnée! C'est un livre que je recommande à tous ceux qui ont encore foi en l'Homme mais aussi à ceux qui ne l'ont plus, car on ne peut rester insensible à l'audace initiale de cette famille et à son dévouement envers autrui. Reza est à présent quasiment devenu l'un des leurs, et sans leur aide, il ne serait peut-être pas aussi intégré, ni aussi épanoui dans notre pays... Félicitations à l'auteure qui partage avec nous ces petites bribes de vie, sans voyeurisme aucun! Et finalement, grâce à tout cela, quelque part, nous aussi on ressort plus riche d'une telle lecture... C'est incontestablement un livre qui fait du bien!

 

Ed. Calmann-Lévy 2018

29 janvier 2019

"On regrettera plus tard", Agnès Ledig

 

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Mon premier Ledig! Eh bien, ce ne sera pas le dernier! Vous en avez lus, vous? Certaines critiques affirment que c'est mal écrit: ah bon ?... D'ailleurs, il n'y a rien qui m'agace autant que de voir un livre se faire "descendre"! Parce que d'abord, qui nous dit que l'auteur l'a écrit en visant le Goncourt? C'est même certainement plutôt le contraire: on écrit pour raconter une histoire, pour livrer une partie de son âme... Alors de quel droit peut-on s'ériger en juge littéraire? Après, on a le droit d'aimer ou pas, mais de là à asséner de tels reproches... Du coup, j'ai préféré en juger par moi-même et j'ai bien fait car j'ai vraiment aimé! Je vais vous dire pourquoi...

 

Tout d'abord, l'histoire... Une nuit d'orage, un village un peu isolé et brusquement, des coups vigoureux frappés à la porte de Valentine, l'institutrice. Là, on se demande si ça va virer au thriller et non, on tombe sur une histoire de "gens", d'humains quoi, en l'occurrence d'un papa qui porte sa fille malade, Anna-Nina, âgée de sept ans, dans ses bras et qui vient solliciter de l'aide et un abri. Au fil des jours, on découvre des êtres touchants que la vie a écorchés, des balbutiements de sentiments, saupoudrés de témoignages du passé quand ce dernier vient s'en mêler, en remontant jusqu'à la Seconde guerre mondiale avec l'histoire de Suzanne, épouse d'un résistant. Bref, des bobos d'amour, des bobos de vie, et des espoirs, passés et futurs, vains et glorieux: on ne s'ennuie pas, on suit les personnages, on s'enthousiasme et on s'émeut, tout ça dans le désordre parce que sinon ce serait trop facile!

 

Impossible pour moi de porter un jugement sur l'ensemble des oeuvres d'Agnès Ledig alors que je n'ai pour l'instant, lu qu'un seul livre mais je peux vous dire que j'ai aimé son style, la sincérité que l'on trouve dans cette histoire et ses personnages qui nous semblent proches. C'est une belle histoire, tout simplement, qui me fait penser à celles racontées dans les films de Claude Sautet, tel "Vincent, François, Paul et les autres": où l'on savoure des tranches de vie et des êtres qui se débattent dans leur existence, pas si mal, non ?... En tout cas c'est certain, moi je re-signerai avec plaisir pour Agnès Ledig!

 

Ed. Pocket, 2018

Ed. Albin Michel, 2016


25 janvier 2019

"Le Lilas ne refleurit qu'après un hiver rigoureux", Martha Hall Kelly (trad. Géraldine d'Amico)

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Cette fois, je n'ai pas été attirée en premier lieu par l'esthétisme du livre mais plutôt par son titre, que j'ai trouvé terriblement poétique. L'accroche de la romancière, Tatiana de Rosnay, en couverture qui annonce, je cite: "Un premier roman époustouflant, absolument impossible à lâcher" a également parfaitement joué son rôle en ce qui me concerne, et je me suis donc aussitôt penchée sur le résumé, lequel a alors fini de me convaincre. Vous voulez savoir si le roman m'a plu ? Je vous répondrais que j'ai lu les six cents pages en trois jours...

 

Cependant, et avant de revenir sur l'histoire en elle-même, j'aimerais souligner un point précis: le travail épatant de la traductrice qui du titre original anglais "Lilac Girls" nous livre ici un titre français, comme je le disais précédemment, non seulement poétique mais illustrant de plus à la perfection ce roman. Et bien entendu, superbe traduction également de l'ensemble de l'oeuvre!

 

Ce roman nous narre trois destins croisés de femmes, en Europe et aux Etats-Unis, de 1939 à 1959: Caroline Ferriday qui travaille au Consulat français de New York, Kasia Kuzmerick, une toute jeune résistante polonaise et enfin, Herta Oberheuser, un médecin allemand totalement voué à la cause nazie. Ces personnalités fortes et si différentes vont connaître les temps troublés et les horreurs de la Seconde guerre mondiale. D'ailleurs, je tiens à préciser que les âmes sensibles seront peut-être aussi ébranlées que j'ai pu l'être, lors des chapitres consacrés à la vie dans les camps de concentration (et je n'en suis pourtant pas à ma première lecture du genre...). Et ébranlée, je l'ai aussi été en apprenant que cette histoire a été inspirée de faits et de personnages réels, telle la formidable Caroline Ferriday, qui n'a eu de cesse de venir en aide aux victimes de la guerre.

 

Face à l'ignominie de certains, on trouve ainsi dans ce roman de magnifiques âmes, des êtres purs qui redonnent foi en l'humain. C'est pour ça que l'on ne peut lâcher ce livre une fois qu'on l'a commencé: malgré certains passages difficiles, on est subjugué par l'espoir porté par ces lignes. On sait que malheureusement, nombreuses ont été les Kasia Kuzmerick, alors apprendre que de "vraies" Caroline Ferriday ont réellement existé, remet un peu les choses à leur place... (dans nos petites têtes de lecteurs bouleversés, j'entends!). 

 

Je terminerais simplement en ajoutant (mais sans vouloir en dire trop...) que ce livre met aussi l'accent sur la triste réalité de la "question médicale" dans les camps de la mort: bravo à Martha Hall Kelly d'avoir fourni un travail si consciencieux et si documenté! Pour un premier roman, l'auteure a réalisé là un coup de maître: ce livre est devenu dès sa parution un best-seller du New York Times, nul doute qu'il connaîtra le même sort en Europe, car vous l'avez compris je pense, voilà bien un livre qui marque les esprits!

Ed. Charleston, 2018

Ed. France Loisirs, 2018

21 janvier 2019

"Birthday Girl", Haruki Murakami (trad. Hélène Morita)

 

 

 

 

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Depuis quelques semaines, j'entendais beaucoup parler de l'auteur japonais, Haruki Murakami, alors quand j'ai découvert ce petit ouvrage au hasard d'une flânerie chez mon libraire, j'ai senti que c'était "un signe", c'est à dire le bon moment pour aller visiter son univers.

 

Pour être honnête, je dois tout de même vous avouer que c'est tout d'abord l'objet en lui-même qui m'a attirée: un livre tout fin en format de poche, d'à peine une soixantaine de pages, de fort jolis dessins de l'illustratrice allemande, Kat Menschik, l'ensemble sur papier glacé: voilà l'esthétisme livresque parfait selon moi!

 

 

 

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Puis, vint l'histoire... Cette nouvelle (puisque c'est bien de cela qu'il s'agit) nous entraîne dans le Tokyo d'aujourd'hui, en compagnie d'une jeune serveuse employée dans un restaurant italien renommé, qui se voit contrainte de remplacer une collègue souffrante,  le jour même de ses vingt ans. Et comme ce jour-là, le directeur du restaurant tombe lui aussi malade et qu'il est obligé de rentrer chez lui, c'est à elle qu'incombe alors l'honorifique tâche de livrer son repas au propriétaire de l'établissement, un vieux monsieur respectable et plein de sagesse, qui lui propose de formuler un voeu à l'occasion de son vingtième printemps.

 

"Birthday Girl" se rapproche, à mon sens, du conte avec une touche de mélancolie et un climat hypnotique apparemment propre à l'auteur, et qui me sied bien. On nous en dit un peu mais pas trop, juste ce qu'il faut en fait, tels trois points de suspension qui nous inciteraient, tout en retenue, à plonger dans l'imaginaire de l'auteur et dans le nôtre, entre pudeur et poésie... Un petit livre qui est apparu telle une parenthèse parmi mes romans habituels, car je ne suis d'ordinaire pas très friande de nouvelles mais que je suis cependant ravie d'avoir découvert. Et donc, une première introduction à l'univers de cet écrivain que je compte bien poursuivre!

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 Ed. 10/18 Belfond, 2017

 

18 janvier 2019

"Ce que Fanny veut" de Karine Lebert

 

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Je vous ai précédemment parlé de Karine Lebert pour son roman "Autour de Margaux". Cette fois, c'est dans une autre époque et en d'autres lieux qu'elle nous entraîne avec le titre: "Ce que Fanny veut", soit dans le Paris de la fin du XIX° siècle, et plus particulièrement à Montmartre (qui plus est, quartier que j'affectionne tant).

 

La jeune Fanny Descoeur vit dans le village de Montmartre alors appelé "Maquis", sur la Butte aujourd'hui célèbre, et est issue d'une famille de condition modeste. Agée d'à peine seize ans, elle sait pourtant déjà qu'elle ne veut pas d'un destin médiocre et si elle se sent parfaitement à son aise et qu'elle est heureuse dans ce milieu d'artistes désargentés et de va-nu-pieds, elle comprend toutefois très vite que pour gravir les échelons sociaux, il lui faudra se diriger vers d'autres quartiers de la capitale, et vers d'autres fortunes. Trois hommes joueront un rôle providentiel dans sa vie: son ami d'enfance, Sam, l'aristocratique Geoffrey d'Albera et enfin, Nathan Destel, le médecin au grand coeur. Fanny parviendra-t-elle à ses fins? Finira-t-elle par mener la vie dont elle rêvait tant? Seule la fin de l'histoire nous le révèlera...

 

Parmi tous les traits marquants que j'apprécie dans les romans de Karine Lebert, il en est un qui revient immanquablement: c'est le mystère, celui qui est toujours maintenu jusqu'aux dernières lignes du livre. J'ai également adoré évoluer dans ce Montmartre que je connais bien et dans lequel je n'ai eu aucun mal à me transporter plus d'un siècle en arrière. J'ai ainsi senti les odeurs de la campagne, entendu chanter La Goulue et donc forcément, j'y ai entraperçu Fanny dévaler la Butte en quête de romanesque et de fortune, et je ne l'ai pas quittée d'une semelle jusqu'à la dernière page, à la fois amusée, parfois même exaspérée, par tant d'audace et de vénalité mais aussi par sa ténacité et pour finir, tout de même agréablement surprise par son sentimentalisme. Décidément, une sacrée personnalité très attachante que cette petite Fanny! 

 

Ed. Presses de la Cité, 2015

 

 

 

 

07 janvier 2019

"La Cité des dieux sauvages", Isabel Allende (trad. Alex Lhermillier)

 

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Pour moi, Isabel Allende, c'était surtout l'auteure du célèbre roman "La maison aux esprits" qui je l'avoue, ne me tentait pas plus que ça. Alors quand je suis tombée sur "La Cité des dieux sauvages", je me suis dit que ce thème-là avait une chance de me plaire et très franchement, ce fut effectivement une belle surprise. 

 

Isabel Allende est un écrivain chilien dont les romans sont traduits dans une trentaine de langues et vendus à des millions d'exemplaires. Ne serait-ce que par curiosité, je me devais par conséquent de plonger un jour dans son univers, et c'est chose faite! J'ai ainsi pénétré dans la jungle amazonienne, en compagnie de deux jeunes adolescents: l'américain Alexander Cold, âgé de quinze ans et de Nadia Santos, âgée elle d'une douzaine d'années. Cette dernière est la fille du guide de l'expédition scientifique menée par la grand-mère d'Alexander, l'intrépide journaliste new-yorkaise, Kate Cold,  pour le National Geographic. Tous s'enfoncent donc dans les profondeurs de l'Amazonie, à la recherche d'une dangereuse créature nommée par les indiens "La bête"...

 

Ce roman d'aventures s'est révélé une vraie bouffée d'oxygène sur fond d'exotisme, de croyances tribales et de mystères. Nos jeunes Indiana Jones n'ont rien à envier à leur maître: suspense et danger nous tiennent en haleine jusqu'à la fin, et ce pour notre plus grand plaisir! La jungle y est superbement décrite et le récit fourmille de mille détails authentiques mêlant ainsi habilement univers réel et imaginaire: on se laisse entraîner dans l'histoire, comme on le serait dans un conte.

 

"La Cité des dieux sauvages" est le premier volume d'une trilogie, dans laquelle on trouve ensuite "Le Royaume du Dragon d'Or" et "La forêt des Pygmées". Personnellement, je pense repartir très vite sous ces nouvelles latitudes...

 

Ed. Le Livre de Poche, 2004

Ed. Grasset, 2002

02 janvier 2019

"Les yeux de Sophie" de Jojo Moyes (trad. Odile Carton)

 

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Avant toute chose, je veux vous souhaiter une merveilleuse année 2019, emplie de bonheur, de douceur, de paix et surtout, de tout ce qui vous fera du bien à l'âme et au corps!

 

Je ne connaissais pas Jojo Moyes avant d'avoir découvert par hasard ce roman, "Les yeux de Sophie" mais je dois vous dire que j'ai littéralement "englouti" les 600 pages et que je n'ai qu'une envie: me plonger très rapidement dans ses autres livres!

 

"Les yeux de Sophie" est le titre d'un tableau réalisé au début du XX° siècle par le mari de Sophie Lefèbvre et qui a disparu dans la très grande confusion qui a entouré  la Première Guerre mondiale. En effet, Edouard Lefèbvre est artiste-peintre et prend alors son épouse pour modèle. Appelé sous les drapeaux dès le début du conflit, Edouard quitte donc sa femme, qui pour survivre se voit contrainte d'aller s'installer chez sa soeur à la campagne, où elle subit l'occupation allemande de plein fouet...

 

Le roman se déroule en fait sur deux époques et deux lieux différents: le nord de la France occupé pendant la 1ère guerre mondiale et le Londres d'aujourd'hui. Quel rapport entre les deux? L'histoire d'un tableau! On vogue d'une période à l'autre, à travers les sentiments des personnages et les méandres de l'Histoire. Un souffle romanesque poignant nous transporte dans cette trame très adroitement tissée: d'un personnage à l'autre, le message d'espoir est tenace et le travail d'enquête décrit est passionnant à suivre. Ainsi, toute l'histoire est prenante et je vous prédis quelques nuits écourtées, tant vous aurez hâte d'en découvrir les tenants et les aboutissants!

 

Vous l'aurez compris, j'ai tout aimé dans ce livre: les deux époques évoquées parallèlement (et notamment, le réalisme de la vie d'un village de campagne occupé), le style de l'auteure, la chute de l'histoire... Bref, une fois qu'on l'a commencé, il est bien difficile de s'arrêter!

 

Ed. France Loisirs, 2017

Ed. Milady, 2017