13 juin 2019

"Le ciel après la pluie", Clara Sánchez (trad. M. -O. Fortier-Mazek)

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Clara Sánchez, célèbre auteure espagnole récompensée à maintes reprises, signe avec "Le ciel après la pluie" un roman peu commun qui m'a de prime abord quelque peu décontenancée, avant de m'envoûter...

 

La vie semble tout particulièrement sourire à Patricia, jeune mannequin-vedette espagnole, qui évolue entre l'univers de la mode où elle fait carrière et celui de la peinture, à travers le travail de son mari artiste-peintre. Mais un jour, une inconnue rencontrée dans un avion lui déclare que quelqu'un dans son entourage souhaite sa mort. Si dans un premier temps, la jeune femme apporte peu de crédit à une telle affirmation, elle en viendra à très sérieusement s'interroger quant à sa véracité, à la suite de nombreux incidents aux conséquences fâcheuses, qui viendront jalonner son existence depuis ce fameux vol et cette rencontre marquante.

 

Je dois dire qu'au début, je n'étais pas franchement enthousiaste à l'idée de me pencher sur la vie d'un jeune mannequin, persuadée qu'on s'immergerait-là dans un monde superficiel et inintéressant. Or, ce dont il est question dans ce livre, ce n'est pas de décrire l'univers du mannequinat mais en réalité, de suivre la progression d'une jeune femme que la vie a gâtée et qui du jour au lendemain voit ses certitudes et ses acquis complètement ébranlés. Et nous, lecteurs, suivons son cheminement, curieux de savoir si ces spéculations sont fondées ou bien, si nous sommes confrontés à une belle démonstration des pouvoirs de l'auto-suggestion et de l'emprise du psychisme sur le corps... Et si pourtant cette menace était bien réelle? De qui viendrait alors le danger?...

 

Comme il n'est pas question de dévoiler ici l'histoire, vous n'en saurez pas plus. Je peux simplement vous dire que de mon "peu emballée" du début du livre, j'en suis très rapidement venue à mettre mon réveil plus tôt le matin pour découvrir la fin du roman, c'est dire...

 

"Le ciel après la pluie" a reçu le Prix Planeta en 2013: prix littéraire espagnol créé en 1952 et qui récompense des romans originaux et inédits, écrits dans la langue de Cervantes.

 

Ed. Le Livre de Poche, 2016

Ed. Hachette / Marabooks, 2015


06 juin 2019

"L'aviatrice", Paula McLain (trad. Isabelle Chapman)

 

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"J'avais... des chevaux en Afrique", ainsi aurait pu commencer ce livre, telle une ode à "La ferme africaine" de Karen Blixen, dont il est si souvent question dans cette histoire...

 

"L'aviatrice" dont l'auteure est la poétesse américaine, Paula McLaine, se déroule en effet au Kenya dans les années 1920. C'est un magnifique roman d'apprentissage qui voit grandir et évoluer la jeune Beryl Clutterbuck dans une Afrique encore sauvage. Abandonnée par sa mère à son père, fermier et éleveur de chevaux, alors qu'elle n'a que quatre ans, l'enfant bénéficiera d'une éducation proche de la nature qui fera d'elle une femme libre, peu soucieuse des conventions et donc assez singulière pour son époque. Elle partagera la passion de son père pour les chevaux et deviendra la première femme entraîneuse de chevaux de course, avant de devenir des années plus tard, la première aviatrice à accomplir un vol transatlantique en solitaire.

 

Il faut savoir que cet ouvrage est une biographie romancée: Beryl Clutterbuck a bel et bien existé. Elle fut l'amie de Karen Blixen et la maîtresse de l'amant de cette dernière, l'insaisissable Denys Finch Hatton. C'était une âme libre, pas complètement dénuée de principes et de loyauté mais fidèle avant tout à son instinct et à sa nature...

 

Si vous avez aimé "La ferme africaine", vous vous plongerez avec sensualité dans ce roman qui ne pourra vous décevoir: la magie africaine décrite avec talent et poésie par l'auteure opère totalement! Les souvenirs du livre de Karen Blixen mais aussi du superbe film "Out of Africa" (tiré de l'oeuvre écrite) rejaillissent aussitôt. Les personnages de Meryl Streep et de Robert Redford reprennent immédiatement vie dans notre imaginaire et on se laisse dès lors transporter dans la brousse, où souffle un vent de liberté qui scelle le destin de deux femmes remarquables, indépendantes et modernes pour leur époque.

 

Un dernier point pour vous dire que je suis tombée par hasard sur ce livre car je n'en avais jamais entendu parler auparavant et donc vous ne pouvez imaginer à quel point je suis ravie de vous le faire découvrir! N'allez pas vous imaginer que ce roman est une pâle copie ou une redite des écrits de Karen Blixen, non, cette oeuvre s'inscrit plutôt dans une sorte de continuité et c'est vraiment là son principal atout je pense... 

 

Ed. France Loisirs, 2018

Ed. Le Livre de Poche, 2017

Ed. Presses de la Cité, 2015

31 mai 2019

"Une vie avec Alexandra David-Néel", Fred Campoy & Mathieu Blanchot

 

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Ed. France Loisirs, 2019

Ed. Bamboo, 2016

 

Une fois n'est pas coutume, c'est de bandes dessinées dont je vais vous parler aujourd'hui. J'ai toujours aimé les BD pourvu que les illustrations soient belles (peut-être un renvoi aux livres d'images de mon enfance...) et que l'histoire parvienne à "m'accrocher", alors de temps en temps, je me ferai plaisir en vous en présentant une.

 

Commençons donc par celle-ci intitulée "Une vie avec Alexandra David-Néel": tout est dans le titre, puisqu'il s'agit de la vie de la célèbre exploratrice. Je n'ai lu que le 1er livre pour l'instant mais je sais déjà que je lirai les deux suivants... En effet, tout est plaisant dans cet album: d'abord, la vie passionnante de l'héroïne qui fut philosophe, écrivain, mais aussi exploratrice donc, et qui fut notamment la première personne occidentale à pouvoir pénétrer à Lhassa en 1924, au coeur du Tibet alors interdit. Personnage fantasque, voire caractériel, comment pourtant ne pas être éperdue d'admiration devant un tel charisme?...

 

Le livre commence alors qu'Alexandra David-Néel est âgée de 90 ans. Il s'inspire des souvenirs de Marie-Madeleine Peyronnet, qui fut engagée par la vieille dame pour l'aider dans son quotidien, et qui restera dix ans à son service.

 

Les illustrations sont magnifiques. On a une alternance de pages en couleurs qui décrivent le passé de l'héroïne, et de dessins en noir et blanc pour ce qui est de la narration au présent. Quand je parviens à me plonger dans un album de BD avec la même délectation que dans un roman, c'est plutôt bon signe... Un dernier point pour finir:  c'est une BD qui s'adresse aussi bien aux adultes qu'aux jeunes lecteurs, et ça aussi, c'est vraiment bien je trouve.

 

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27 mai 2019

"Le Brouillard de l'aube", Christian Laborie

 

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Christian Laborie est un auteur que j'avais envie de découvrir depuis longtemps mais curieusement, c'est un peu le hasard qui a mis ce titre entre mes mains, lequel hasard a très bien fait les choses tant j'aurais été embarrassée pour choisir parmi une bibliographie ô combien fournie. Et j'avais de surcroît, je dois bien l'avouer, une très légère réticence car voyez-vous, M. Laborie est un auteur de romans "régionaux" (non, promis, je ne dirais pas "de terroir", M. Laborie...), genre qui n'a pas ma préférence, et pourtant il se trouve que j'ai dévoré ce roman!

 

L'action se déroule en grande partie durant la Seconde guerre mondiale. "Encore!", me suis-je d'abord dit, car même si ce contexte historique est inévitablement favorable à bon nombre d'évènements, de situations ou de faits parfois dramatiquement romanesques, je sature à présent un tantinet face à la période. Toutefois, je me suis vite rendue compte que cet ouvrage représentait bien plus qu'un énième livre sur la guerre. Et cela, principalement pour deux raisons.

 

La toute première, je l'ai devinée dès la préface, rédigée par l'auteur lui-même, et dans laquelle il nous révèle avoir été professeur d'histoire/géographie en collège et nous fait part de son désir d'initier ses élèves aux dures réalités du conflit de 1939-45 (et notamment aux camps de concentration) à travers ce livre, sans pour autant heurter la sensibilité de leurs jeunes consciences. Après lecture, je peux vous confirmer que sa mission a été remplie! L'histoire nous entraîne sur les traces d'une famille juive allemande installée en France en 1939 pour fuir le régime nazi dans son pays, et dont l'un de leurs enfants, la petite Célia, sera adoptée par le pasteur Henri Muller et sa femme. Les drames vécus par cette famille sont contés certes avec réalisme mais aussi avec beaucoup de tact et d'habileté, sans que l'on se noie dans l'effroi ou le pathos. Les faits sont révélés sans être surenchéris, et cela n'ôte rien au souffle romanesque de l'histoire.

 

La deuxième raison qui me fait tant apprécier ce livre, c'est le thème de la quête, à la fois identitaire et spirituelle, que l'on y découvre. Une jeune femme juive élevée par un pasteur protestant, voilà qui soulève forcément des interrogations et des remises en question chez la principale intéressée... Je craignais cependant que cela puisse être quelque peu rébarbatif, il n'en fut rien. Bien au contraire, le cheminement personnel de l'héroïne est fort beau je trouve, et réellement touchant.

 

Pour conclure, je dirais simplement que Christian Laborie est vraiment un excellent conteur, et tellement pédagogue! L'Histoire elle-même sert de trame au roman et non l'inverse, comme c'est souvent le cas. Et s'il est vrai que les Cévennes y sont joliment décrites, je ne dirais pas que l'auteur nous offre ici un roman "régional" mais plutôt un roman historique! En tout cas, un roman qui m'a complètement séduite!

 

Ed. De Borée, coll. Terre de poche, 2018

Ed. France Loisirs, 2018

Ed. Retrouvées, 2018

Ed. De Borée, 2011

 

20 mai 2019

"Coeur de lapin", Annette Wieners (trad. Lucie Raignant)

 

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"Coeur de lapin" est le premier roman de la scénariste allemande, Annette Wieners. Il a créé la sensation outre-Rhin dans la catégorie "romans policiers" et comme j'avais envie depuis quelques temps déjà de renouer avec le genre, cherchant un auteur allemand à découvrir à l'occasion d'un court séjour chez nos voisins, je me suis lancée.

 

Cette histoire nous entraîne en Allemagne sur les traces de Gesine Cordes, une ex-enquêtrice de la brigade criminelle, qui suite au décès de son petit garçon a quitté son poste, sa famille et sa vie pour se glisser dans une forme de survie animale, en s'occupant des fleurs du cimetière où est enterré son fils. Son filet de vie vacille de nouveau le jour où elle se rend compte que les couronnes mortuaires dont elle est en train de s'occuper sont destinées aux obsèques de sa propre soeur, avec qui elle avait rompu toute relation. Coupée de son ancien monde depuis des années, Gesine va toutefois d'instinct retrouver ses réflexes d'enquêtrice...

 

Je dois vous avouer que j'avais quelques réticences en commençant la lecture de ce livre: les enlèvements et décès d'enfants sont des sujets que j'évite d'ordinaire, mon âme sensible de maman ne supportant pas trop ces tragédies, fussent-elles purement fictives. Or j'ai été agréablement surprise car happée dès le départ par l'intrigue, je suis passée outre ces considérations pour ne plus suivre que l'enquête et ses aboutissants. Et s'il est vrai qu'en dehors des classiques d'Agatha Christie découverts lors de mon adolescence, puis des non moins célèbres "Mary Higgins Clark" absorbés en quantités mémorables durant mes années d'étudiante, mon expérience du genre est quelque peu limitée, cela ne m'empêchera pas de vous dire que je pense sincèrement qu'il s'agit-là d'un très bon "polar". L'intrigue est bâtie autour du deuil certes mais aussi autour du sentiment de culpabilité et des mécanismes psychologiques de la reconstruction: c'est complexe, intéressant et prenant. On accompagne ainsi l'héroïne dans sa recherche de la vérité mais aussi dans sa quête intérieure, et le suspense est au rendez-vous!

 

Ed. Pocket, 2018

Ed. France Loisirs, 2018

Ed. Robert Laffont, 2016


13 mai 2019

"Les Sortilèges du Tremblay", Karine Lebert

 


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La sortie en édition de poche du livre de Karine Lebert, "Les Sortilèges du Tremblay", fut pour moi l'occasion d'extraire de ma pile à lire l'exemplaire broché qui attendait sagement son tour, et de plonger avec un immense plaisir dans cette mystérieuse histoire.

 

Tout débute en Irlande à la fin du XIX° siècle lorsque Dairine O'Shea, une jeune dentellière issue d'un milieu paysan, se voit contrainte de quitter sa famille et son pays pour migrer vers la Bretagne, où elle peut envisager une vie meilleure à en croire les prédictions de sa grand-mère, dont les présages n'ont jamais été démentis par le passé. La jeune fille est ainsi envoyée au Manoir du Tremblay, où elle fera l'objet d'une malédiction, qui se reportera ensuite sur plusieurs générations...

 

Avec ce roman, on pénètre dans l'histoire d'une famille de 1845 à 1980, essentiellement à travers ses personnages féminins,  mais aussi dans l'univers des sortilèges et des malédictions, en parfait accord avec la Bretagne, terre de contes et légendes, s'il en est. L'histoire est prenante, on suit avec curiosité et intérêt ces destins de femmes qui s'enchaînent et se mêlent, qui trébuchent et se cognent mais qui avancent... jusqu'au dénouement, jusqu'à la révélation du secret familial. Et comme souvent dans les romans de Karine Lebert, l'issue inattendue nous cueille par surprise, chose que j'adore!

 

Pour finir, je vous redirais que les romans "régionaux" (pour ne pas dire "de terroir" puisque j'ai lu hier qu'un célèbre auteur du genre exécrait cette appellation! Personnellement, je n'y ai jamais vu aucun dénigrement, bien au contraire...) ne comptent pas parmi mes favoris, sauf ceux de cette auteure qui, une fois encore constituent pour moi l'exception qui confirme la règle. Alors pourquoi, me direz-vous? Parce que son style est fluide et plaisant, descriptif sans être excessif, la trame y est finement brodée (comme les dentelles des héroïnes), les détails historiques bien présents et enfin, l'empathie toujours ressentie, pour mieux nous... ensorceler! J'ai lu ce roman à un moment de "petit moral" et en m'emmenant dans son univers, il m'a fait un bien fou: sortilège?....

 

Ed. De Borée, coll. Terre de poche, 2019

Ed. De Borée, 2013

 

 

06 mai 2019

"Le charmant cottage d'Amélia", Abby Clements (trad. Maryse Leynaud)

 

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"Le charmant cottage d'Amélia" nous offre une immersion totale, à la fois dans la campagne anglaise et à la fois, dans la vie d'une jeune trentenaire: Amélia (mais vous l'aviez peut-être deviné...), alors en pleine remise en question de sa vie familiale et professionnelle.

 

A l'aube de son trentième anniversaire, la jeune londonienne prend conscience qu'elle n'a pas tout à fait réalisé sa "to-do list d'avant trentaine", en ayant jusqu'à lors occulté son souhait de vivre à la campagne. De là, elle convainc son mari de se lancer avec elle dans l'aventure et part bille en tête, à la recherche de leur nouvel éden. Mais si la campagne anglaise offre d'incomparables plaisirs avec ses paysages romantiques, il n'en va pas de même pour ce qui est de la rénovation d'un très ancien cottage. Lancée à l'assaut de son projet, Amélia n'en sera pas au bout de ses déconvenues, surtout lorsqu'elle devra en outre se débrouiller sans son salaire, après avoir un peu rapidement démissionné de son poste d'enseignante...

 

Cet ouvrage est, je pense, ce que l'on pourrait qualifier de roman "feel good", c'est à dire un roman rafraîchissant, qui se lit d'une traite, idéal pour se changer les idées sans chercher pour autant un quelconque message philosophique et/ou existentiel. Bref, si j'osais, je dirais: un bon "livre de plage" (je les adore!) mais j'aurais trop peur de me montrer irrévérentieuse envers l'auteure, pour qui j'ai beaucoup de respect, étant moi-même incapable jusqu'à présent d'achever la moindre de mes bafouilles! En résumé, tout cela pour vous dire que si vous avez des préjugés contre ce genre de lectures, passez votre chemin ou bien, mieux que ça: acceptez de tenter  (occasionnellement ?) l'expérience  de quelques pages de pur bonheur!  

 

Ed. Pocket, 2019

Ed. Prisma, 2016

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15 avril 2019

"La Mémoire sous les vagues" de Laurence Couquiaud

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 Le livre dont j'ai choisi de vous parler aujourd'hui est, je vous le dis tout de suite, un gros coup de coeur! C'est le premier roman d'une auteure française, Laurence Couquiaud, qui a vécu plusieurs années au Japon et si on ne le savait pas, on pourrait l'imaginer écrit par un auteur japonais, tant le style est empreint de celui propre à la littérature nipponne.

 

"La Mémoire sous les vagues" nous emmène tout d'abord dans un Japon contemporain, et plus précisément pendant le tremblement de terre de mars 2011 et du terrible tsunami de la région de Fukushima, à travers le regard de Yukiko, une photographe franco-japonaise habitant Tokyo qui se lance à la recherche de sa grand-mère, qui vit seule dans la région sinistrée et dont elle est sans nouvelles. Cette oeuvre bien que fictive nous permet de saisir réellement l'ampleur de la tragédie vécue alors au Japon et pas vraiment révélée à l'époque dans toute son horreur, par les autorités japonaises. La quête de son aïeule permettra à Yukiko de plonger dans son histoire familiale, sur les traces de O Kanekichi (de son véritable nom "Osawa Kane", dont la vie a ici été plus "romancée" de l'aveu même de l'auteure, qui a donc préféré modifier son nom), célèbre geisha de la fin du XIX° siècle, qui vivait à Yokohama, parmi les cercles d'Occidentaux.

 

Ce roman qui nous transporte alternativement d'un Japon à l'autre, soit d'une époque à l'autre, nous offre un superbe voyage dans le temps et dans les traditions. On revit ainsi les débuts de l'ère Meiji (et donc la fin de l'isolement du pays), l'arrivée d'une certaine forme de modernisme, le changement des mentalités... Grâce à la double culture de Yukiko, on prend conscience de certains paradoxes stupéfiants au Japon, où bienséance et urgence des situations se côtoient, parfois incongrûment, tout en recevant néanmoins le message plein de sagesse que laissent percevoir l'histoire et la destinée des personnages. Au milieu des drames et du chaos, la prose raffinée et très poétique de l'auteure confère au roman un style bien particulier, sublime de fraîcheur et de zénitude malgré le contexte. A la dernière ligne de l'ouvrage, on voudrait continuer à lire la beauté de la nature et la douceur de la vie, même si  cette dernière se montre parfois cruelle. C'est un livre comparable à nul autre, une pépite, qui vous offrira de surcroît une très belle évasion livresque et dépaysante au Pays du Soleil Levant, aussi je ne peux que vous souhaiter un très bon et très beau voyage!

 

"La Mémoire sous les vagues" a reçu le Prix Femme Actuelle 2016.

 

Ed. Pocket, 2018

Ed. Les Nouveaux Auteurs, 2016

08 avril 2019

"Le Jardin de l'oubli" de Clarisse Sabard

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L'auteure, Clarisse Sabard, nous fait découvrir ici Faustine, une jeune journaliste qui séjourne chez sa tante dans l'arrière-pays niçois pour écrire un article sur la Belle Epoque, et qui se retrouve alors étrangement plongée dans sa propre histoire familiale.

 

 

 

 

Victime d'une longue dépression due à une rupture amoureuse difficile, la jeune femme qui a délaissé sa carrière initiale de professeure d'histoire/géographie et pris un nouveau départ grâce à cette reconversion professionnelle, va vivre auprès des membres de sa famille avec lesquels  elle renoue, des instants à la fois complices mais aussi chargés d'émotion. En enquêtant sur la vie de la Belle Otéro, célèbre danseuse du début du XX° siècle qui a longuément vécu dans la région, Faustine marchera sur les traces de son aïeule, Agathe d'Aumart, petite repasseuse pétrie d'ambition et devenue l'une des meilleures amies de l'artiste de music hall. Peu à peu, des secrets de famille soigneusement enfouis seront dévoilés et en dénouant l'écheveau de cette étrange amitié, Faustine résoudra ainsi des mystères non élucidés depuis près d'un siècle, tout en cheminant elle-même vers une certaine paix intérieure. 

 

Un décor de carte postale et une époque riche en évènements historiques majeurs plantent le cadre de cette histoire familiale, qui m'est apparue au départ quelque peu complexe. Toutefois je dois l'avouer, je me suis immédiatement attachée aux personnages, ainsi qu'au style simple et très fluide de l'auteure et donc très vite, je me suis laissée happer par ce livre navigant entre deux époques, et c'est bien là pour moi l'essentiel! Je ne peux par conséquent que vous conseiller ce roman, à savourer accompagné d'une bonne tasse de thé et de petits gâteaux, à l'image de l'atmosphère douillette et intimiste qu'il dégage.

 

Ed. Poche Charleston, 2019

Ed. France Loisirs, 2018

Ed. Charleston, 2018

21 mars 2019

"En voiture, Simone!", Aurélie Valognes

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Qui n'a pas déjà été tenté, en passant dans les rayons des librairies, par les éditions Poche des romans d'Aurélie Valognes, petits livres aux couvertures imitation tissu Vichy et aux titres amusants, tels "Mémé dans les orties" ou bien celui dont il est question aujourd'hui: "En voiture, Simone!" ?... Eh bien moi j'ai craqué et je peux vous dire que j'ai bien rigolé!

 

Les aventures de la famille Le Guennec s'articulent autour des parents à l'aube de leur retraite, dans leur grande maison familiale en Bretagne et entièrement conçue des mains de Jacques, le patriarche, et de leurs grands enfants mariés, ainsi que de leurs petits-enfants. Comme dans beaucoup de familles, tout ce petit monde se retrouve régulièrement aux périodes traditionnelles de l'année (Noël, vacances scolaires, etc...) et doit faire en sorte, pendant quelques jours, de concilier ses différences, taire ses rancoeurs et suceptibilités, bref un exercice de haute voltige, surtout quand on doit compter avec des belles-filles aux goûts aussi éclectiques et un beau-père aussi gaffeur et sans-gêne! Et quand à tout cela, vous rajoutez une bru enceinte et complètement sous l'emprise de ses hormones et une grand-mère au karma bien enraciné, imaginez un peu le tableau lors des grandes réunions familiales...

 

Ce roman est une véritable comédie! D'ailleurs, on imagine facilement qu'il puisse être un jour adapté sur grand écran car rien qu'en le lisant, on visualise déjà parfaitement les scènes et les personnages. Et on se bidonne! Pardon pour l'expression mais c'est tout à fait ça: une belle tranche de rigolade, pleine de fraîcheur et qui fait du bien! Le patriarche, Jacques, n'est pas sans me rappeler le "Jacques" télévisuel de la célèbre série "Une famille formidable": mi-cabot, mi-tête en l'air et qui mène son petit monde au gré de sa fantaisie. En tout cas, ce livre offre un bon moment récréatif que je ne peux que vous recommander de lire tranquillement chez vous, si vous ne voulez pas vous donner en spectacle en riant à gorge déployée dans les transports ou autres lieux publics...

 

Ed. Le Livre de Poche, 2017

Ed. Michel Lafon, 2016

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